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Douleurs sacro-iliaques : quand votre bassin devient source de douleur

Vous avez cette douleur sourde, parfois lancinante, en bas du dos, juste au-dessus de la fesse ?
Un côté de votre bassin vous semble « bloqué » ou instable, avec des douleurs qui reviennent sans prévenir, sans que les examens ne donnent vraiment de réponse ?

 

Ce mal mystérieux pourrait venir de vos articulations sacro-iliaques — un endroit souvent oublié, mais pourtant essentiel pour la stabilité du bas du dos.

 

Dans cet article, je vous explique clairement ce qu’est la sacro-ilialgie, comment la détecter, pourquoi elle survient, et surtout quelles sont les solutions concrètes pour vous soulager — sans précipitation, à votre rythme, et avec un accompagnement adapté.

Pourquoi ça arrive ?

🔧 Des causes mécaniques… mais pas que !

  • Inactivité prolongée ou sédentarité : un manque de mouvement affaiblit les muscles et rend plus sensible à la douleur.

  • Microtraumatismes répétés : chez les sportifs (course, danse, haltérophilie), les mouvements répétitifs peuvent irriter l’articulation.

  • Grossesse et post-partum : les hormones assouplissent les ligaments, et la charge sur le bassin augmente.

  • Inflammation : parfois, les articulations deviennent sensibles et s'inflamment de façon temporaire. C'est ce que l'on appelle une sacro-illite.

 

🧠 Le cerveau et le stress dans tout ça ?

C’est là qu’intervient l’approche bio-psycho-sociale de la douleur.

 

En clair, la douleur ne dépend pas uniquement d’une blessure. Elle est aussi influencée par vos émotions, votre stress, votre fatigue, vos croyances et même votre environnement social.

 

Par exemple :

  • Être très stressé, mal dormir ou se sentir isolé peut amplifier la douleur.

  • Être rassuré, actif et soutenu peut au contraire l’apaiser, même sans traitement miracle.

 

En résumé, une douleur sacro-iliaque, ce n’est pas toujours une lésion, c’est souvent un signal d’alerte du corps, influencé par le corps et l’esprit.

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L'état physique (bio)

- L'état des tissus, l'inflammation, la réponse à une lésion

- La sédentarité, le manque d'activité physique

- L'hygiène de vie

L'état psychique (psycho)

- Le catastrophisme ("ça va s'empirer", "c'est insupportable"...)

- La peur du mouvement

- Les émotions

- L'attention

...

L'environnement (social)

- Famille, travail

- Le soutien social perçu

- L'accès aux soins

- Les expériences de vie passées

...

C’est quoi, la sacro-iliaque ?

Les articulations sacro-iliaques (SI) sont deux petites charnières situées de chaque côté de votre sacrum, à la base de votre colonne vertébrale, juste au-dessus des fesses. Elles relient le tronc au bassin et servent d'amortisseur pour répartir les forces entre le haut et le bas du corps.

Quand ces articulations deviennent douloureuses, on parle de sacro-ilialgie. Ce n’est pas rare : chez les personnes souffrant de douleurs lombaires chroniques, environ 15 à 30 % ont une implication sacro-iliaque.

Quels traitements sont utiles ?

🔹 Non médicamenteux (souvent les plus utiles à long terme) :
  • Thérapie manuelle : manipulations, mobilisations, relâchement, désensibilisation. Souvent efficaces pour soulager à court terme.

  • Rééducation active : exercices pour mobiliser le corps, renforcer les muscles profonds, désensibiliser.

  • Éducation thérapeutique : comprendre la douleur, apprendre à ne pas paniquer, retrouver confiance dans le mouvement.

 
 
🔹 Médicamenteux :
  • Paracétamol ou anti-inflammatoires.

  • Infiltrations locales sous contrôle imagerie si douleurs persistantes.

 
 
🔹 Autres :
  • Radiofréquence (traitement des nerfs sensitifs) dans les cas réfractaires.

  • Chirurgie (arthrodèse) extrêmement rare et réservée aux douleurs invalidantes chroniques.

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Ce qu’on retient surtout ?

  • La douleur sacro-iliaque est fréquente, souvent tenace mais bénigne.

 

  • Elle peut être liée à des causes physiques, mais aussi à des facteurs émotionnels ou comportementaux.

 

  • La meilleure approche ? Bouger, renforcer, comprendre et se faire accompagner.

 

  • Il n’y a pas de solution magique, mais beaucoup de solutions réalistes.

Sources

  1. Simopoulos, T. T., Manchikanti, L., Singh, V., Gupta, S., Hameed, H., Diwan, S., & Cohen, S. P. (2012). A systematic evaluation of prevalence and diagnostic accuracy of sacroiliac joint interventions. Pain physician, 15(3), E305–E344.

  2. Szadek, K. M., van der Wurff, P., van Tulder, M. W., Zuurmond, W. W., & Perez, R. S. (2009). Diagnostic validity of criteria for sacroiliac joint pain: a systematic review. The journal of pain, 10(4), 354–368. https://doi.org/10.1016/j.jpain.2008.09.014

  3. Gatchel, R. J., Peng, Y. B., Peters, M. L., Fuchs, P. N., & Turk, D. C. (2007). The biopsychosocial approach to chronic pain: scientific advances and future directions. Psychological bulletin, 133(4), 581–624. https://doi.org/10.1037/0033-2909.133.4.581

  4. Saueressig, T., Owen, P. J., Diemer, F., Zebisch, J., & Belavy, D. L. (2021). Diagnostic Accuracy of Clusters of Pain Provocation Tests for Detecting Sacroiliac Joint Pain: Systematic Review With Meta-analysis. The Journal of orthopaedic and sports physical therapy, 51(9), 422–431. https://doi.org/10.2519/jospt.2021.10469

  5. Trager, R. J., Baumann, A. N., Rogers, H., Tidd, J., Orellana, K., Preston, G., & Baldwin, K. (2024). Efficacy of manual therapy for sacroiliac joint pain syndrome: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. The Journal of manual & manipulative therapy, 32(6), 561–572. https://doi.org/10.1080/10669817.2024.2316420

  6. Al-Subahi, M., Alayat, M., Alshehri, M. A., Helal, O., Alhasan, H., Alalawi, A., Takrouni, A., & Alfaqeh, A. (2017). The effectiveness of physiotherapy interventions for sacroiliac joint dysfunction: a systematic review. Journal of physical therapy science, 29(9), 1689–1694. https://doi.org/10.1589/jpts.29.1689

  7. Franke, H., Fryer, G., Ostelo, R. W., & Kamper, S. J. (2015). Muscle energy technique for non-specific low-back pain. The Cochrane database of systematic reviews, 2015(2), CD009852. https://doi.org/10.1002/14651858.CD009852.pub2

  8. Nejati, P., Safarcherati, A., & Karimi, F. (2019). Effectiveness of Exercise Therapy and Manipulation on Sacroiliac Joint Dysfunction: A Randomized Controlled Trial. Pain physician, 22(1), 53–61.

  9. Liu, Y., Suvithayasiri, S., & Kim, J. S. (2023). Comparative Efficacy of Clinical Interventions for Sacroiliac Joint Pain: Systematic Review and Network Meta-analysis With Preliminary Design of Treatment Algorithm. Neurospine, 20(3), 997–1010. https://doi.org/10.14245/ns.2346586.293

Quels sont les symptômes ?

Les douleurs sacro-iliaques peuvent :

Être unilatérales, localisées juste au-dessus de la fesse, parfois avec une irradiation vers la cuisse ou l’aine.

 

S’intensifier en se levant, s'allongeant, montant des escaliers, ou restant longtemps dans une même position.

 

Mimer une douleur sciatique, sans atteinte neurologique.

 

Parfois se réveiller la nuit, surtout en position couchée sur le côté douloureux.

Qui aller voir ?

Votre médecin traitant pour poser le diagnostic et écarter les causes sérieuses,

 

Un kinésithérapeute pour instaurer des exercices bénéfiques,

 

Un ostéopathe pour détendre et mobiliser,

 

Un médecin de la douleur, si le problème dure depuis plusieurs mois malgré les soins.

 

Le diagnostic repose sur :

  • Un examen clinique précis (tests de provocation, palpation).

  • Parfois une infiltration pour confirmer la source de la douleur.

  • L’imagerie est utile pour écarter d’autres causes, mais elle ne suffit jamais à elle seule pour diagnostiquer une sacro-ilialgie.

A la maison, que faire ?

✅ À faire :

 

Bouger, mais avec douceur.

  • Évitez la position assise trop longtemps.

  • Levez-vous toutes les 30–60 minutes si vous travaillez sur écran.

Renforcer votre ceinture naturelle.

  • Les muscles profonds stabilisent la sacro-iliaque.

  • Essayez des exercices simples :

    • Gainage doux (planche modifiée, pont fessier)

    • Squats légers (avec appui)

    • Exercices sur ballon pour travailler l’équilibre

 

Écouter votre corps, mais ne pas l’enfermer.

Oui, la douleur est réelle. Et non, elle ne signifie pas forcément un dégât !

Le mouvement, bien dosé, aide à guérir, même s’il est un peu inconfortable au début.

Appliquer chaud ou froid selon ce qui vous soulage.

Apprendre à relâcher les tensions.

  • Cohérence cardiaque, méditation guidée, activité relaxante...

  • Dormir suffisamment : le sommeil répare, y compris les douleurs !

 

Ajuster votre poste de travail.

❌ À éviter :

  • Les longues périodes d’immobilité ou de lit.

  • Le port de ceintures de soutien sans indication médicale.

  • Les vidéos « miracle » de craquements sur internet.

  • Se convaincre que « c’est foutu parce que l’IRM montre ça ».

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