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Mal au dos entre les omoplates ? Parlons dorsalgie

Vous êtes assis devant votre écran, en voiture, au travail... et soudain ça tire entre vos omoplates ?
Cette gêne, cette tension, parfois cette douleur qui s’installe doucement au milieu du dos, on la connait bien.

La dorsalgie, moins connue que le lumbago, touche pourtant beaucoup de monde, et peut vite devenir un vrai frein au quotidien.

Dans cet article, je réponds simplement à vos questions : qu’est-ce qui cause cette douleur, comment la reconnaître, quand s’inquiéter, et surtout comment agir pour la soulager efficacement.

Quels sont les symptômes ?

La douleur peut avoir plusieurs formes et localisations.

C'est une douleur localisée entre les omoplates ou le long de la colonne thoracique.

Parfois, il peut y avoir une sensation de raideur ou de tension musculaire, ou des fois aussi des irradiations légères vers le sternum ou les côtes.

 

La douleur peut être aggravée en position assise prolongée, ou après certains mouvements...

Dans de rares cas, la douleur peut être le signe d’un problème plus sérieux (ex : anévrisme, ulcère, atteinte pulmonaire) — d’où l’importance de consulter si elle persiste ou s’accompagne d’autres symptômes (fièvre, toux, troubles digestifs).

Pourquoi ça arrive ?

Une fois les causes viscérales écartées, nous pouvons nous pencher sur l'origine réelle de ces douleurs embêtantes.

 

Pendant longtemps, on a expliqué les douleurs dorsales uniquement par l’usure mécanique. Mais aujourd’hui, les spécialistes s’accordent sur une origine bio-psycho-sociale de la douleur. La douleur se déclenche et se maintient à cause d'un mélange de ces facteurs :

🔬 Biologique (bio)

  • Sédentarité

  • Manque d'activité physique

  • Positions prolongées

  • Irritation des nerfs intercostaux (douleur en bande)

  • ...

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L'état physique (bio)

- L'état des tissus, l'inflammation, la réponse à une lésion

- La sédentarité, le manque d'activité physique

- L'hygiène de vie

L'état psychique (psycho)

- Le catastrophisme ("ça va s'empirer", "c'est insupportable"...)

- La peur du mouvement

- Les émotions

- L'attention

...

L'environnement (social)

- Famille, travail

- Le soutien social perçu

- L'accès aux soins

- Les expériences de vie passées

...

🧠 Psychologique (psycho)

  • Le stress, l’anxiété, le manque de sommeil amplifient la perception de la douleur.

  • Le catastrophisme ("mon corps est fragile", "ça ne va pas s'arranger") peut entretenir une hypervigilance douloureuse.

  • Les croyances négatives (« je suis trop voûté », « je me tiens mal »).

  • ...

👥 Environnement (social)

  • Pression au travail

  • Isolement

  • Rythme de vie saccadé ou déséquilibré

  • Tensions familiales

  • Manque de soutien

  • ...

Cette vision globale permet de mieux comprendre pourquoi certains patients continuent à souffrir alors que leurs examens d’imagerie sont "normaux".

Pour mieux comprendre le fonctionnement de la douleur, consultez la page Pourquoi a-t-on mal ?

La bonne nouvelle ? La majorité des dorsalgies sont bénignes et réversibles !

C’est quoi, une dorsalgie ?

La douleur au milieu du dos, dit aussi dorsalgie en terme médical, c’est une douleur qui siège dans la région du dos entre le cou et les lombaires, autrement dit la colonne thoracique.

Moins célèbre que sa cousine la lombalgie, elle n’en est pas moins fréquente. Certaines études rapportent qu’environ 30 % des gens en souffrent au moins une fois par an.

La dorsalgie peut être aiguë (ponctuelle, de quelques jours à quelques semaines) ou chronique (si elle dure plus de 3 mois).

 

Elle peut avoir de nombreuses origines. Rarement, elle peut être d'origine viscérale (problèmes d’organes), d'où l’importance d’un bon diagnostic.

Quels traitements sont utiles ?

🏃‍♀️ Le mouvement avant tout

 

La meilleure chose à faire en cas de mal de dos ? Bouger, même doucement.

 

L’immobilité entretient la douleur. Les exercices de renforcement, de mobilité thoracique et de respiration sont hautement recommandés.

 

Un kinésithérapeute peut proposer :

  • Des exercices de mobilité,

  • Du renforcement musculaire global,

  • De la respiration fonctionnelle,

  • Et surtout une réassurance active : "vous pouvez bouger, votre dos est fort".

👐 Ostéopathie

Les études montrent que certaines techniques manuelles peuvent améliorer temporairement la douleur, réduire la tension musculaire et stimuler les voies neurosensorielles qui modulent la douleur.

En d'autres termes, ça détend et ça réduit la douleur !

Cependant il faut bien prendre en compte que ça ne remplace pas l’exercice physique ! Les résultats sont encore plus efficaces lorsque c'est combiné à de la kiné.

 

💊 Médicaments ?

 

En phase aiguë, les antalgiques classiques (paracétamol, AINS) peuvent aider à passer un cap, mais ils ne doivent pas masquer le problème. En cas de douleur chronique, les médicaments ont une efficacité limitée, et les approches actives sont prioritaires.

 

🧘 Approches complémentaires

 

Méditation, respiration, yoga, hypnose, soutien psychologique : elles ont toutes montré un intérêt pour la gestion de la douleur chronique, en agissant sur la régulation émotionnelle, la respiration, la posture et la perception.

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Ce qu’on retient surtout ?

  • La dorsalgie est fréquente et le plus souvent bénigne.

  • Elle est complexe, car influencée par notre corps, notre mental et notre environnement.

  • Le traitement repose sur le mouvement, l’éducation, et parfois la thérapie manuelle.

  • Après les soins, maintenir une bonne hygiène de vie est essentielle pour rester en forme.

  • La bonne nouvelle ? Le dos est fort, adaptable, et la douleur n’est pas synonyme de gravité.

Sources

  1. Briggs AM, Smith AJ, Straker LM, Bragge P. Thoracic spine pain in the general population: Prevalence, incidence and associated factors in children, adolescents and adults. A systematic review. BMC Musculoskelet Disord. 2009;10:77.

  2. Gatchel, R. J., Peng, Y. B., Peters, M. L., Fuchs, P. N., & Turk, D. C. (2007). The biopsychosocial approach to chronic pain: scientific advances and future directions. Psychological bulletin, 133(4), 581–624. https://doi.org/10.1037/0033-2909.133.4.581

  3. de Souza, J. B., Grossmann, E., Perissinotti, D. M. N., de Oliveira Junior, J. O., da Fonseca, P. R. B., & Posso, I. P. (2017). Prevalence of Chronic Pain, Treatments, Perception, and Interference on Life Activities: Brazilian Population-Based Survey. Pain research & management, 2017, 4643830. https://doi.org/10.1155/2017/4643830

  4. Kjaer, P., Wedderkopp, N., Korsholm, L., & Leboeuf-Yde, C. (2011). Prevalence and tracking of back pain from childhood to adolescence. BMC musculoskeletal disorders, 12, 98. https://doi.org/10.1186/1471-2474-12-98

  5. Crothers, A. L., French, S. D., Hebert, J. J., & Walker, B. F. (2016). Spinal manipulative therapy, Graston technique® and placebo for non-specific thoracic spine pain: a randomised controlled trial. Chiropractic & manual therapies, 24, 16. https://doi.org/10.1186/s12998-016-0096-9

  6. Espí-López, G. V., Ruescas-Nicolau, M. A., Sanchez-Sanchez, M. L., Arnal-Gómez, A., Balasch-Bernat, M., & Marques-Sule, E. (2018). Immediate Changes After Manual Therapy in Patients With Persistent, Nonspecific Back Pain: A Randomized Controlled Trial. Alternative therapies in health and medicine, 24(4), 14–23.

Qui aller voir ?

Un médecin généraliste est le point de départ idéal, surtout pour écarter une cause grave. Ensuite, selon le profil de la douleur :

  • Un kinésithérapeute/physiothérapeute pour un travail actif et fonctionnel,

  • Un ostéopathe pour une prise en charge manuelle centrée sur la mobilité et le relâchement,

  • Parfois un psychologue, un médecin de la douleur ou un acupuncteur dans les cas chroniques.

A la maison, quoi faire ?

L'autonomie est la clé pour éviter les récidives. 

Bouger régulièrement, avec des mobilisations douces de la cage thoracique (rotation, inclinaison, flexion/extension).

De l'activité physique chaque jour : 30 minutes de marche, vélo ou natation douce suffisent à entretenir la santé du dos.

 

Ajuster son environnement de travail, la hauteur de l’écran ou de la table, varier les positions, faire des pauses debout.

 

Se reconnecter au corps : yoga, automassages (avec une balle ou un rouleau), pauses de pleine conscience corporelle.

 

Garder une bonne hygiène de vie : sommeil, alimentation, gestion du stress… tout est lié.

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