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Torticolis musculaire congénital : pas de panique

Vous avez remarqué que votre bébé tourne toujours la tête du même côté ?
Il regarde bien, il sourit, mais son petit menton reste souvent incliné dans une seule direction.

 

Ce genre de détail, on le remarque souvent en changeant la couche, en donnant le bain, ou sur les photos.

Pas de panique : cela peut simplement être un torticolis musculaire congénital (TMC). C’est fréquent, connu, et ça se prend en charge très efficacement, surtout quand c’est repéré tôt.

Dans cet article, je vous explique ce que c’est, comment l’identifier, et ce que vous pouvez faire dès maintenant pour aider votre bébé à retrouver une mobilité confortable, en toute confiance.

C’est quoi, exactement ?

Le TMC, c’est quand un muscle du cou, le sternocléidomastoïdien, est raccourci ou tendu d’un côté. Résultat ? Bébé incline la tête d’un côté et tourne son menton de l’autre. Cela peut être dû à une position intra-utérine, une naissance difficile, ou parfois à des causes encore peu claires [1, 2].

C’est l’une des affections musculosquelettiques les plus courantes chez les nourrissons, avec une prévalence estimée entre 0,3 % et 2 % des naissances [3, 4]. Le bon côté des choses ? Quand on le détecte tôt, ça se traite très bien, souvent sans chirurgie.

Quels sont les signes à surveiller ?

  • Bébé garde la tête penchée du même côté

  • Difficulté à tourner la tête dans les deux directions

  • Une épaule plus haute que l’autre

  • Une bosse palpable dans le cou (comme un petit « nodule musculaire »)

  • Une préférence de position en dormant

 

Si vous remarquez un ou plusieurs de ces signes, parlez-en à votre pédiatre ou à un professionnel formé en pédiatrie. Une simple observation clinique suffit souvent à poser le diagnostic, mais parfois, une échographie musculaire peut être prescrite [5].

Pourquoi est-ce important de ne pas attendre ?

Sans prise en charge, le torticolis peut avoir des conséquences à long terme : asymétries crâniennes (plagiocéphalie), troubles de la posture, compensations corporelles, voire des retards moteurs ou des troubles du développement neuromoteur [6, 7].

Mais pas d’inquiétude : plus on agit tôt, meilleurs sont les résultats. Commencer un traitement avant 3 mois, c’est presque toujours la garantie d’un retour complet à la normale [8, 9].

À qui s’adresser ?

Le parcours idéal inclut :

👩‍⚕️Pédiatre : pour le diagnostic initial et l’orientation

🧍‍♀️Physiothérapeute pédiatrique : pour les exercices spécifiques

🤸Ostéopathe ou thérapeute manuel formé : pour une approche complémentaire douce

👐 Et parfois, orthophoniste ou ergothérapeute si d’autres signes sont associés

Les approches combinées donnent souvent les meilleurs résultats [1,10].

Et à la maison, on fait quoi ?

🍼 Stimulez bébé du côté opposé à la rotation préférée : jouets, visages, sons.
📸 Alternez les positions : portage sur l’autre bras, changement de position pendant le sommeil (tout en respectant les recommandations pour le sommeil sécuritaire).
🧸 Temps sur le ventre (tummy time) dès les premières semaines : essentiel pour renforcer le cou et la ceinture scapulaire.
🪞 Utilisez un miroir ou placez les stimuli visuels du côté opposé.
💡 Suivez les consignes du thérapeute, avec des gestes simples, mais réguliers.

Quels traitements fonctionnent vraiment ?

⭐ Le top du top : les exercices de physiothérapie

La base du traitement, ce sont des exercices d’étirement passif et actif, faits par un professionnel et poursuivis à la maison. Ces exercices visent à assouplir le muscle, améliorer la mobilité et stimuler la symétrie posturale [1,11,12].

💆‍♂️ Et la thérapie manuelle ?

De nombreuses études soutiennent l’utilisation sécuritaire et efficace de la thérapie manuelle et ostéopathique chez les bébés. Des techniques comme la mobilisation douce, le massage tissulaire ou la libération myofasciale peuvent réduire la tension musculaire et améliorer la mobilité cervicale [2, 10, 13, 14].

Faut-il parfois opérer ?

Dans moins de 10 % des cas, si le TMC persiste malgré 6 à 12 mois de traitement intensif, une chirurgie peut être envisagée. Mais ce n’est vraiment pas la norme [4].

En résumé

Le torticolis musculaire congénital peut paraître impressionnant, mais c’est très fréquent, bénin, et surtout hautement réversible avec une détection précoce et des soins adaptés. N’attendez pas, consultez, et soyez régulier dans les petits gestes du quotidien : votre bébé a tout ce qu’il faut pour retrouver une normalité.

Sources

  1. Antares JB, Jones MA, Chak NTN, Chi Y, Ju J, Richards JJ, et al. Efficacy of non-surgical, non-pharmacological treatments for congenital muscular torticollis: a systematic review and meta-analysis. BMC Musculoskelet Disord. 2025;26:178.

  2. Ellwood J, Draper-Rodi J, Carnes D. The effectiveness and safety of conservative interventions for positional plagiocephaly and congenital muscular torticollis: a synthesis of systematic reviews and guidance. Chiropr Man Therap. 2020;28:31.

  3. Zhang Y, Wu H, Li Z, Huang H, Li Y, Xu X, et al. Clinical features and treatment outcomes of congenital muscular torticollis in 2,599 infants: a multicenter retrospective study in China. BMC Musculoskelet Disord. 2023;24:983.

  4. Bashir A, Khan A, Sheikh I. Management strategies for congenital muscular torticollis in infants: a review. J Pediatr Orthop B. 2023;32(1):15–22.

  5. Chen MM, Tam PK, Wong EM. Ultrasonographic prediction model for congenital muscular torticollis: an observational study. J Pediatr Surg. 2005;40(6):1048–52.

  6. Park JI, Kim JH, Kim MJ, Seo CH. Long-term effects of persistent congenital muscular torticollis on pelvic alignment in children. Children (Basel). 2021;8(12):1088.

  7. Schertz M, Zuk L, Green D, Katz K, Nemet D. Long-term neurodevelopmental outcomes of children with congenital muscular torticollis. Pediatr Neurol. 2013;49(6):458–61.

  8. Kim HJ, Park JW, Lee JH, Ahn SH. Effectiveness of early physical therapy in infants with congenital muscular torticollis: a systematic review and meta-analysis. BMC Musculoskelet Disord. 2025;26:84.

  9. Cheng JC, Wong MW, Tang SP, Chen TM, Shum SL, Wong EM. Clinical determinants of the outcome of manual stretching in the treatment of congenital muscular torticollis in infants: a prospective study of eight hundred and twenty-one cases. J Bone Joint Surg Am. 2001;83(5):679–87.

  10. Rodríguez-Huguet M, Rodríguez-Almagro D, Rosety-Rodríguez MÁ, Vinolo-Gil MJ, Ayala-Martínez C, Góngora-Rodríguez J. Effectiveness of the treatment of physiotherapy in the congenital muscular torticollis: a systematic review. Children (Basel). 2024;11(1):8.

  11. He L, Zhang Z, Lin J, Wang C. Comparative study of different stretching frequencies in treating congenital muscular torticollis in infants. J Pediatr Rehabil Med. 2017;10(2):141–7.

  12. Lee I. Postural control intervention in infants with congenital muscular torticollis: a randomized controlled trial. Pediatr Phys Ther. 2015;27(2):183–8.

  13. Haugen EB, Benth JS, Nakstad B. Manual therapy in infantile torticollis: a randomized, controlled pilot study. Acta Paediatr. 2011;100(5):687–90.

  14. Keklicek H, Uygur F. A randomized controlled study on the efficiency of soft tissue mobilization in babies with congenital muscular torticollis. J Back Musculoskelet Rehabil. 2018;31(2):315–21.

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