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Comprendre et gérer l’arthrose : un guide pour tous

Vos articulations vous font mal ? Ça coince, ça craque, ça gêne au quotidien ?


Peut-être qu’on vous a déjà dit : "C’est de l’arthrose, c’est normal avec l’âge..."
Mais cette phrase, en apparence rassurante, peut aussi vous laisser seul face à la douleur, sans réponse claire.

 

L’arthrose, ce n’est pas juste une « usure » ou une « charnière rouillée ». C’est un trouble plus complexe, qui touche l’articulation dans son ensemble, et qui n’évolue pas toujours de la même façon selon les personnes.

 

Dans cet article, je vous aide à comprendre ce qui se passe vraiment dans vos articulations, pourquoi ce n’est pas toujours lié à la douleur, et surtout ce que vous pouvez faire – dès maintenant – pour ne pas laisser cette gêne prendre plus de place dans votre vie.

Qu'est-ce que l'arthrose ?

Une articulation peut être comparée à une machine bien huilée : le cartilage amortit les chocs, les os assurent la structure, les ligaments et muscles garantissent la stabilité, et le liquide synovial lubrifie l’ensemble.

Dans l’arthrose, ce système se dérègle : le cartilage s’effrite, les os peuvent entrer en contact direct, et une inflammation peut perturber cet équilibre.

L’arthrose ne touche pas uniquement les personnes âgées ; elle peut apparaître dès 40 ans. Des facteurs comme l’obésité, les traumatismes articulaires (comme une ancienne fracture), une surutilisation ou une prédisposition génétique augmentent le risque.

Un point crucial : la présence d’arthrose ne signifie pas nécessairement de la douleur. Des radiographies peuvent révéler des signes d’arthrose sans symptômes, tandis que des douleurs articulaires peuvent exister sans arthrose visible à l’imagerie. La douleur dépend souvent de l’inflammation, d’une sollicitation excessive de l’articulation, de la sensibilité nerveuse et de facteurs psycho-sociaux, qui peuvent amplifier la perception de la douleur indépendamment de l’état du cartilage.

Pour mieux comprendre les mécanismes de la douleur et mieux la contrôler, consultez la page : Pourquoi a-t-on mal ?

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Quels symptômes ?

Les symptômes de l’arthrose varient d’une personne à l’autre, et la douleur n’est pas toujours présente.

Lorsqu’elle survient, elle n’est pas nécessairement proportionnelle à la sévérité de l’arthrose observée à l’imagerie : une arthrose avancée peut être asymptomatique, tandis qu’une arthrose légère peut être très douloureuse.

 

La douleur articulaire, souvent exacerbée par l’effort et soulagée par le repos, est influencée par des facteurs psycho-sociaux comme le stress, les croyances sur la maladie ou l’environnement, qui peuvent amplifier la perception de la douleur.

 

Une raideur articulaire, particulièrement marquée le matin ou après une période d’inactivité, est fréquente, mais elle s’améliore généralement après quelques minutes de mouvement.

 

Des craquements ou une sensation de grincement, appelée crépitus, peuvent également être ressentis.

 

Une limitation des mouvements, comme des difficultés à plier le genou ou à lever le bras, peut survenir, parfois accompagnée d’un gonflement en cas d’inflammation.

 

Ces symptômes fluctuent souvent, avec des périodes de poussées douloureuses suivies de phases plus calmes.

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Qui est concerné ?

L’arthrose est la maladie articulaire la plus fréquente, affectant environ 10 % de la population adulte mondiale, avec une prévalence plus élevée chez les femmes (18 %) que chez les hommes (10 %) après 60 ans.

En France, environ 17 % des adultes, soit près de 10 millions de personnes, sont touchés, un chiffre qui croît avec l’âge.

 

Les articulations les plus souvent affectées sont les genoux (gonarthrose), les hanches (coxarthrose), les mains et la colonne vertébrale (lombaire ou cervicale).

 

Les facteurs de risque, comme l’obésitéla surutilisation, une prédisposition génétique ou les antécédents de blessures, augmentent la probabilité de développer l’arthrose dans ces zones spécifiques.

Diagnostic

Si vous ressentez une raideur matinale qui s’améliore avec le mouvement, une douleur après un effort prolongé ou des craquements articulaires, il est recommandé de consulter un médecin généraliste.

Ce dernier peut vous orienter vers un rhumatologue pour un diagnostic précis, basé sur les symptômes (douleur, raideur, perte de mobilité) et, si nécessaire, des examens d’imagerie comme une radiographie ou une IRM.

 

L’écoute des symptômes est tout aussi importante que les résultats d’imagerie pour établir le diagnostic.

Le rôle de l'ostéopathie

La thérapie manuelle via l'ostéopathie consiste à mobiliser l’articulation et à travailler les tissus mous (muscles, ligaments) pour une diminution de la douleur et une meilleure fonction articulaire.

 

Cependant, la thérapie manuelle n’est pas une solution universelle. Son efficacité dépend de la gravité de l’arthrose, du praticien et du contexte. Elle est souvent plus bénéfique en combinaison avec des exercices physiques.

 

Si vous envisagez l’ostéopathie, choisissez un praticien qualifié et discutez avec votre médecin pour une approche pluridisciplinaire.

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Comment gérer l'arthrose ?

La prise en charge de l’arthrose vise à réduire la douleur, préserver la mobilité et améliorer la qualité de vie.

Voici les principales approches, soutenues par des preuves scientifiques :

  • Activité physique adaptée : L’exercice renforce les muscles autour de l’articulation, réduisant la pression sur le cartilage. Des activités comme la marche, la natation ou le vélo sont recommandées. Une revue systématique montre que des exercices réguliers réduisent la douleur et améliorent la fonction dans l’arthrose du genou. Visez 30 minutes d’activité modérée, 5 jours par semaine.

 

  • Contrôle du poids : Chaque kilo supplémentaire augmente la charge sur les articulations portantes, comme les genoux ou les hanches. Une perte de poids, même modeste (5 %), peut significativement réduire la douleur.

 

  • Médicaments : Les antalgiques comme le paracétamol ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) soulagent les poussées douloureuses, mais leur usage doit être limité pour minimiser les effets secondaires. Des injections de corticoïdes ou d’acide hyaluronique peuvent être proposées pour réduire l’inflammation ou lubrifier l’articulation, bien que leur efficacité soit variable.

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Comment soulager les douleurs à la maison ?

Pour gérer l’arthrose au quotidien, voici des conseils validés :

  • Chaleur ou froid : Une bouillotte chaude détend les articulations raides, tandis qu’une poche de glace (enveloppée dans un linge) apaise l’inflammation après un effort. Écoutez votre corps pour déterminer ce qui vous convient le mieux.

  • Exercices doux : Des étirements ou du yoga adapté maintiennent la souplesse. Par exemple, pour le genou, asseyez-vous, étendez lentement la jambe et maintenez-la 10 secondes en l’air, 10 fois par jambe.

  • Aides techniques : Une canne ou des semelles orthopédiques réduisent la charge sur les articulations douloureuses.

  • Gestion du stress : Le stress ou un mauvais sommeil peuvent amplifier la douleur chronique. Des techniques comme la méditation ou la respiration profonde aident à calmer le système nerveux.

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Pour conclure

L’arthrose n’est pas une fatalité. C’est une maladie affectant l’ensemble de l’articulation, pas seulement le cartilage, et elle ne cause pas toujours de la douleur.

 

En combinant activité physique, gestion du poids, traitements médicaux ciblés et, dans certains cas, thérapie manuelle, il est possible de maintenir une bonne qualité de vie.

À la maison, des gestes simples comme appliquer de la chaleur ou pratiquer des étirements font une différence.

 

Consultez un médecin généraliste pour un diagnostic, et un rhumatologue ou kinésithérapeute pour un plan personnalisé. L’arthrose, c’est comme une vieille maison : avec un entretien adapté, elle reste fonctionnelle et confortable longtemps.

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