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Hypertonie et hypotonie chez le nourrisson :
pas de panique, on vous explique tout 

Les premiers mois avec bébé… c’est un mélange d’émerveillement, de fatigue, et de doutes à chaque petit geste.


Un bras un peu raide ? Une tête qui penche toujours du même côté ? Un bébé “mou” ou au contraire “tendu” ? Très vite, les questions affluent… et parfois, on tombe sur des mots qui inquiètent : hypertonie fonctionnelle, hypotonie bénigne transitoire.

Ces termes peuvent faire peur, mais ils désignent des situations fréquentes, souvent passagères, et surtout bien accompagnées quand on sait à qui s’adresser.

Petit mot sur le tonus

Le tonus musculaire, c'est la tension naturelle de nos muscles au repos. Chez le nourrisson, il évolue très vite : on naît plutôt flasque (hypotonique), puis petit à petit, les muscles se tonifient. Parfois, ce processus n'est pas tout à fait symétrique ou linéaire... et c'est là que peuvent apparaître des variations. [1, 2]

Hypertonie fonctionnelle : quand bébé est un peu "raide"

Dans l'hypertonie fonctionnelle, certains muscles (souvent du cou, du dos ou des jambes) sont plus toniques que la moyenne. Bébé se cambre, se tend, paraît rigide... mais reste éveillé, curieux, et suit bien du regard [3, 4]

Pas de pathologies ici : on parle bien d'un déséquilibre fonctionnel transitoire, c'est à dire d'un manque de symétrie temporaire de la tonicité, lié souvent à la posture in utero, à l'accouchement, ou à une adaptation un peu "tonique" au monde extérieur [3, 4, 5]

A surveiller si :

  • La raideur est asymétrique

  • Bébé semble inconfortable

  • D'autres signes s'ajoutent (regards fuyants, pas de sourire, absence de suivi visuel...)

Dans ces cas-là, une évaluation approfondie est nécessaire [5, 6, 7]

Hypotonie bénigne transitoire : bébé "mou" mais serein

A l'inverse, dans l'hypotonie bénigne transitoire, bébé semble plus mou : il a du mal à relever la tête, s'affaisse facilement dans les bras, ses membres sont relâchés [1, 8]. Mais tant que bébé est tonique par moments (pendant les pleurs, l'éveil), qu'il interagit bien, tète correctement, et grandit comme il faut, il n'y a généralement rien d'inquiétant [9, 10, 11]. 

Il s'agit souvent d'un simple retard de maturation du système nerveux, qui se corrige spontanément dans les premiers mois [10, 12].

À surveiller si :

  • Bébé n'a que très peu de réactions et de mouvements

  • Le tonus reste mou depuis + de 3 mois

  • Il n’essaie pas de se retourner, de s’asseoir, ou d’attraper des objets comme les autres bébés de son âge.

  • D'autres signes s'ajoutent (bébé irritable, bébé absent, anomalies visibles)

Dans ces cas-là, une évaluation approfondie est nécessaire [5, 6, 7]

Et si c'était autre chose ?

C'est rare, mais il est bon de le savoir : un tonus très perturbé, associé à d'autres signes (retard du développement, troubles sensoriels, difficultés de succion, malformations...) peut révéler un trouble neurologique ou génétique plus profond. [6, 13, 14].

Heureusement, les professionnels de santé sont bien formés pour faire la part des choses, et plusieurs outils d'évaluation sont aujourd'hui disponibles pour poser un diagnostic si besoin [13, 15, 16, 17]

Le rôle de la thérapie manuelle

Bonne nouvelle : dans les cas bénins la prise en charge est douce, progressive et efficace !

La kinésithérapie motrice : exercices ludiques pour stimuler les bons mouvements et tonifier harmonieusement [20].

Ostéopathie pédiatrique : en travaillant sur les tensions mécaniques et les asymétries, elle peut aider bébé à retrouver un équilibre corporel plus confortable [21, 22].

Massage, portage, positions variées à la maison : des gestes simples mais très bénéfiques.

Qui aller voir ?

👩‍⚕️Le pédiatre est le premier interlocuteur. Il pourra vous orienter vers un neuropédiatre ou un kinésithérapeute pédiatrique. [8, 10]

🧠 Parfois, un généticien est sollicité si les troubles sont plus marqués ou persistants [1, 14, 18, 19]

👐 L'ostéopathe, une fois qu'un bilan médical complet à été effectué.

À la maison, les bons réflexes

Tummy time (temps sur le ventre, en éveil) : quelques minutes par jour pour muscler la nuque et le dos.

Portage physiologique : soutient bébé tout en stimulant sa tonicité.

Changer souvent de position : éviter que bébé reste toujours du même côté.

Le jeu : interagir, faire bouger ses bras, ses jambes, l'encourager à attraper, suivre des objets…

Sources

  1. Peredo DE, Hannibal MC. The floppy infant: evaluation of hypotonia. Pediatr Rev. 2009;30(9):e66–76.

  2. Scher MS. Neonatal hypertonia: I. Classification and structural–functional correlates. Pediatr Neurol. 2008;39(5):301–6.

  3. Hart AR, Sparks SE, Rennie JM, et al. Neonatal hypertonia - a diagnostic challenge. Dev Med Child Neurol. 2015;57(7):600–10.

  4. Amiel-Tison C, Grenier A, Snider L. Neck extensor hypertonia: a clinical sign of insult to the central nervous system of the newborn. Early Hum Dev. 1977;1(2):181–90.

  5. Straathof EJM, Heineman KR, Hamer EG, et al. Patterns of atypical muscle tone in the general infant population. Early Hum Dev. 2021;152:105256.

  6. Straathof EJM, Heineman KR, Bos AF, et al. Development of muscle tone impairments in high-risk infants. Eur J Paediatr Neurol. 2022;36:40–8.

  7. Sanger TD. Hypertonia in children: how and when to treat. Curr Treat Options Neurol. 2005;7(6):427–36.

  8. Shuper D, Weitz R, Varsano I. Benign congenital hypotonia: a clinical study in 43 children. Eur J Pediatr. 1987;146(4):360–4.

  9. Parush S, Sadeh A, Hahn-Markowitz J, et al. Developmental correlates of school-age children with a history of benign congenital hypotonia. Dev Med Child Neurol. 1998;40(7):448–52.

  10. Carboni C, Leanza G, Zeviani M, et al. Congenital hypotonia with favorable outcome. Pediatr Neurol. 2002;26(5):383–6.

  11. Paro-Panjan D, Neubauer D. Congenital hypotonia: is there an algorithm? J Child Neurol. 2004;19(6):439–42.

  12. Sparks SE. Neonatal hypotonia. Clin Perinatol. 2015;42(2):363–71.

  13. Morton SU, Y Tongue J, Glessner J, et al. Multicenter consensus approach to evaluation of neonatal hypotonia. JAMA Neurol. 2022;79(4):405–13.

  14. Sharma S, Liljestrand P, De Ridder M, et al. Diagnostic yield of genetic testing in 324 infants with hypotonia. Clin Genet. 2021;100(3):284–92.

  15. Alarcón-Benítez D, Huiza L, Chávez C, et al. Síndrome hipotónico del recién nacido y lactante. Andes Pediatr. 2022;93(4):567–75.

  16. Gur S, Gurbuz G, Tozkir H. Radiological and genetic evaluation in hypotonic infants. J Coll Physicians Surg Pak. 2023;33(9):1028–33.

  17. De Santos-Moreno MG, Domínguez-García A, Fernández-Martínez M, et al. Hypotonia: is it a clear term and an objective diagnosis? Pediatr Neurol. 2023;139:64–75.

  18. Morton SU, Christodoulou JA, Maleyeff L, et al. Exome and genome sequencing to diagnose the genetic basis of neonatal hypotonia. Neurology. 2025;104(2):e2081225.

  19. Richer LP, Shevell MI, Miller SP. Diagnostic profile of neonatal hypotonia: an 11-year study. Pediatr Neurol. 2001;25(1):32–7.

  20. Mintz-Itkin R, Lerman-Sagie T, Zuk L, et al. Does physical therapy improve outcome in infants with joint hypermobility and benign hypotonia? J Child Neurol. 2009;24(6):714–9.

  21. Filisetti M, Cattarelli D, Bonomi S. Positional plagiocephaly from structure to function. Early Hum Dev. 2020;143:105028.

  22. Filisetti M, Baronio M, Panzeri M, et al. A new model of early intervention based on the osteopathic integrated approach. Int J Osteopath Med. 2019;34:1–7.

En résumé : observer et accompagner

Un tonus un peu fort ou un peu faible au début de la vie, c’est souvent bénin et transitoire. Le plus important est d’observer bébé dans son ensemble : réagit-il bien ? grandit-il ? évolue-t-il ?

Et n’oubliez jamais : vous n’êtes pas seuls. Un doute ? Une question ? Demandez à votre pédiatre. Il vaut mieux consulter “pour rien” que de rester avec une inquiétude non exprimée.

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