La névralgie cervico-brachiale : quand votre cou vous fait mal… jusqu’au bout des doigts
Vous avez déjà ressenti une douleur lancinante qui part du cou, traverse l’épaule et descend jusqu’au bras ?
Cette douleur, parfois vive et déroutante, peut être due à une névralgie cervico-brachiale — un terme un peu compliqué, mais une réalité fréquente.
Sachez que ce n’est pas une fatalité. Il existe des solutions concrètes, bien au-delà des médicaments ou de la chirurgie.
Dans cet article, je vous guide pas à pas pour comprendre ce qui se passe, reconnaître les signes, et découvrir les options qui s’offrent à vous pour retrouver confort et mobilité.
Pourquoi ça arrive ?
Facteurs bio-psycho-sociaux (BPS)
Le stress, la sédentarité, l'anxiété, la fatigue, le manque d'activité physique, la pression familiale ou encore un environnement de travail tendu peuvent augmenter la perception de la douleur.
Ces facteurs influencent aussi le pronostic : plus ils sont présents, plus la douleur risque de s’installer.
Le cerveau et le système nerveux deviennent plus sensibles, ce qui peut entretenir la douleur même en l’absence de lésion grave.
L'état physique (bio)
- L'état des tissus, l'inflammation, la réponse à une lésion
- La sédentarité, le manque d'activité physique
- L'hygiène de vie
L'état psychique (psycho)
- Le catastrophisme ("ça va s'empirer", "c'est insupportable"...)
- La peur du mouvement
- Les émotions
- L'attention
...
L'environnement (social)
- Famille, travail
- Le soutien social perçu
- L'accès aux soins
- Les expériences de vie passées
...
Il n’y a pas qu’une seule cause à la névralgie cervico-brachiale. C’est souvent un cocktail de facteurs qui mènent à l’irritation d’un nerf cervical.
Causes physiques
Dans la majorité des cas, c’est une compression mécanique qui est en cause :
-
Hernie discale cervicale : un disque intervertébral se fissure et appuie sur une racine nerveuse. C’est une cause fréquente chez les adultes jeunes. Pas de panique cependant, c'est complètement réversible : dans 95% des cas, la hernie se résorbe d'elle même en quelques semaines ou mois (voir page Hernies discales)
-
Arthrose cervicale : en vieillissant, les vertèbres s’usent et des petits becs osseux (ostéophytes) peuvent apparaître et rétrécir les espaces de sortie des nerfs. Attention cependant, l'arthrose ne crée pas forcément des douleurs, et si douleur il y a, c'est gérable ! Voir page Arthrose pour en savoir plus.
Parfois, aucune image (IRM ou scanner) ne montre de compression nette : on parle alors de NCB non compressive. Ce type de NCB reste douloureux et nécessite une prise en charge, même sans preuve d’"écrasement" du nerf. Rentre alors en compte des facteurs bio-psycho-sociaux.
👉 En résumé : ce n’est pas qu’un problème mécanique. C’est souvent une interaction entre le corps, l’environnement, les émotions et le mode de vie. Ce modèle BPS est maintenant la référence dans la compréhension des douleurs chroniques.
Pour en savoir plus, visitez la page : Pourquoi a-t-on mal ?
C’est quoi une névralgie cervico-brachiale?
La NCB, c’est l’équivalent cervical de la sciatique. C’est une douleur liée à l’irritation ou à la compression d’un nerf au niveau du cou, dans la région des vertèbres cervicales.
Cette douleur irradie dans le bras, parfois jusqu’aux doigts, et peut être accompagnée de fourmillements, de perte de force ou de sensibilité.
Elle peut être aiguë ou chronique. Une étude a montré qu’en neurologie hospitalière, elle représente environ 10 % des consultations.
Quels traitements sont utiles ?
Bonne nouvelle : dans l’immense majorité des cas, la névralgie cervico-brachiale guérit sans chirurgie. Le plus important, c’est d’adopter une approche progressive, individualisée, qui tient compte du corps, mais aussi de l’environnement et de l’état psychologique de la personne. C’est là que le modèle bio-psycho-social prend tout son sens.
✅ Étape 1 : Comprendre sa douleur… et ne pas paniquer
La douleur, aussi vive soit-elle, n’est pas toujours signe de gravité. Beaucoup de NCB sont dues à une irritation réversible du nerf, sans lésion sévère. Être rassuré(e), recevoir une explication claire, et comprendre qu’on peut bouger sans danger aide déjà à calmer le système nerveux.
💡 Une douleur n’est pas toujours proportionnelle à la gravité du problème.
💊 Étape 2 : Soulager les symptômes
Vous pouvez commencer par du repos relatif, c'est-à-dire ralentir sans pour autant arrêter toute activité.
Vous pouvez aussi appliquer du chaud ou du froid sur le cou, selon ce qui vous aide, pour réduire les douleurs.
Et au besoin, il peut y avoir des prises d'analgésiques ou d'anti-inflammatoires en phase aiguë.
👐 Étape 3 : Reprendre le mouvement
Il est primordial de faire des exercices ciblés sur le cou, qui sont la base du traitement à moyen terme. Que ce soit faire des rotations de tête, des inclinaisons, des petits ronds, des petits oui ou des petits non... Tout est bon pour votre cou ! L'important, c'est de bouger.
En étant suivi par un kiné, il pourra vous en montrer de nombreux exercices à faire avec lui et à la maison !
L'ostéo, lui, peut proposer de faire des mobilisations douces, des exercices actifs pour redonner de la mobilité et du bien-être, sans forcer.
Puis enfin, le kiné et l'ostéo pourront aussi vous montrer des mobilisations neurodynamiques : des techniques visant à mieux faire bouger et à désensibiliser le nerf, en le faisant glisser dans sa gaine. Car oui, les nerfs se situent dans des sortes de gaines, où ils glissent à l'intérieur !
👉 Ces soins, kinésithérapie et ostéopathie, sont encore plus efficaces quand ils sont associés ensemble.
🧠 Étape 4 : Gérer les facteurs aggravants
On l’a vu, des facteurs comme le stress, l’anxiété, le manque de sommeil ou des croyances négatives peuvent amplifier la douleur [6, 10]. Il est donc utile de :
-
Travailler sur le sommeil et la gestion du stress (relaxation, respiration, activité physique douce, thérapie cognitive si besoin).
-
Modifier les idées reçues : non, votre cou n’est pas fragile ! Bouger, même doucement, est souvent bénéfique.
-
Reprendre ses activités de façon progressive mais confiante, pour éviter la chronicisation.
✂️ Étape 5 : Et la chirurgie alors ?
Elle n’est envisagée qu’en dernier recours, si :
-
Il y a un déficit moteur important (perte de force dans le bras ou la main) ;
-
Ou une douleur persistante et invalidante malgré plusieurs semaines de traitement bien conduit.
Si les exercices ont échoué, il y a aussi l'option des infiltrations de corticoïdes en péridurale, qui peuvent soulager certaines formes chroniques de NCB, même sans preuve de compression mécanique.
Cependant, la grande majorité des patients récupèrent sans passer par la case opération.
🟢 Le bon traitement, c’est celui qui bouge avec vous : une prise en charge multimodale, à la fois physique, éducative et psychologique. On soigne un nerf, mais aussi une personne.


Ce qu’on retient surtout ?
-
La névralgie cervico-brachiale est une douleur du nerf au niveau du cou, souvent due à une hernie, de l’arthrose ou tout simplement un contexte de vie particulier.
-
Elle peut être aggravée par le stress et d'autres facteurs psychosociaux.
-
Le traitement de base repose sur le mouvement, les exercices, la thérapie manuelle, et la gestion mentale.
-
La chirurgie reste une option de dernier recours.
Sources
-
Chaouat, Y., Ginet, C., & Zecer, B. (1978). Etude de 108 névralgies cervico-brachiales. Les concepts de névralgie cervico-brachiale idiopathique et de névralgie cervico-brachiale cervicarthrosique [Study of 108 cases of cervico-brachial neuralgia: the concepts of idiopathic cervico-brachial neuralgia and cervico-arthrotic cervico-brachial neuralgia]. Revue du rhumatisme et des maladies osteo-articulaires, 45(2), 111–117.
-
Caridi, J. M., Pumberger, M., & Hughes, A. P. (2011). Cervical radiculopathy: a review. HSS journal : the musculoskeletal journal of Hospital for Special Surgery, 7(3), 265–272. https://doi.org/10.1007/s11420-011-9218-z
-
Bono, C. M., Ghiselli, G., Gilbert, T. J., Kreiner, D. S., Reitman, C., Summers, J. T., Baisden, J. L., Easa, J., Fernand, R., Lamer, T., Matz, P. G., Mazanec, D. J., Resnick, D. K., Shaffer, W. O., Sharma, A. K., Timmons, R. B., Toton, J. F., & North American Spine Society (2011). An evidence-based clinical guideline for the diagnosis and treatment of cervical radiculopathy from degenerative disorders. The spine journal : official journal of the North American Spine Society, 11(1), 64–72. https://doi.org/10.1016/j.spinee.2010.10.023
-
Linton, S. J., & Shaw, W. S. (2011). Impact of psychological factors in the experience of pain. Physical therapy, 91(5), 700–711. https://doi.org/10.2522/ptj.20100330
-
Rafiq, S., Zafar, H., Gillani, S. A., Waqas, M. S., Zia, A., Liaqat, S., & Rafiq, Y. (2022). Comparison of neural mobilization and conservative treatment on pain, range of motion, and disability in cervical radiculopathy: A randomized controlled trial. PloS one, 17(12), e0278177. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0278177
-
Thoomes E. J. (2016). Effectiveness of manual therapy for cervical radiculopathy, a review. Chiropractic & manual therapies, 24, 45. https://doi.org/10.1186/s12998-016-0126-7
-
Boyles, R., Toy, P., Mellon, J., Jr, Hayes, M., & Hammer, B. (2011). Effectiveness of manual physical therapy in the treatment of cervical radiculopathy: a systematic review. The Journal of manual & manipulative therapy, 19(3), 135–142. https://doi.org/10.1179/2042618611Y.0000000011
-
Xu, X., & Ling, Y. (2025). Manual Therapy for Cervical Radiculopathy: Effects on Neck Disability and Pain - A Systematic Review and Network Meta-Analysis. Journal of pain research, 18, 2035–2045. https://doi.org/10.2147/JPR.S513428
Quels symptômes ?
Ils varient selon la racine nerveuse touchée, mais globalement, on peut retrouver :
-
Douleur cervicale irradiant dans un bras
-
Engourdissements, fourmillements (paresthésies), brûlures
-
Faiblesse musculaire
-
Réduction de la mobilité du cou
-
Douleur augmentée en tournant la tête ou en levant le bras
Qui aller voir ?
👩⚕️ Médecin généraliste : pour un premier diagnostic et l’orientation.
🤸 Kinésithérapeute : pour reprendre le mouvement et faire des exercices
👐 Ostéopathe : pour mobiliser et détendre
🧠 Neurologue ou rhumatologue : en cas de doute ou de douleurs persistantes.
🏥 Chirurgien orthopédique/neurochirurgien : en dernier recours, si un geste chirurgical devient nécessaire.