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La douleur d’épaule : quand lever le bras devient compliqué

Votre épaule vous fait-elle mal quand vous levez le bras, que vous portez quelque chose, ou même au repos ?

Peut-être ressentez-vous une douleur sourde, une sensation de raideur, un blocage, ou même des pics de douleur.

Ces douleurs peuvent vous empêcher de faire des choses du quotidien, que ce soit pour enfiler un manteau, attraper un objet en hauteur, porter vos enfants ou simplement vous gratter le dos.

Dans cet article, je vous explique ce qui peut provoquer ces symptômes, comment les reconnaître précisément, quand il est important de consulter, et surtout quelles actions concrètes vous pouvez entreprendre pour soulager votre épaule et retrouver une meilleure mobilité.

Pourquoi ça arrive ?

Parfois, des lésions sont visibles et expliquent la présence d'une douleur (ex : une déchirure tendineuse, une fracture, un œdème...).

 

Notamment pour les tendinopathies, des facteurs de risques comme l’âge >40 ans, une mauvaise hygiène de vie et certains métiers à gestes répétitifs ou positions contraignantes augmentent le risque d'avoir quelques tendons enflammés.

 

Et après une chirurgie, la douleur est normale mais nécessite une rééducation pour éviter qu’elle ne devienne chronique.

 

CEPENDANT, toutes ces causes n'expliquent pas tout ! Beaucoup de douleurs d’épaule sont dites non spécifiques, c’est-à-dire sans lésion physique apparente, et liées à une combinaison de facteurs psychologiques ou sociaux.

 

On parle du modèle bio-psycho-social : le stress, l’anxiété, la sédentarité, un travail pesant, un manque de soutien, un mal-être familial, des croyances négatives contribuent à entretenir la douleur.

 

Il faut aussi savoir que la perception de la douleur est influencée par la psychologie et le contexte de vie : c’est pourquoi deux personnes avec la même blessure peuvent avoir des douleurs très différentes.

Pour mieux comprendre le fonctionnement de la douleur : Pourquoi a-t-on mal ?

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L'état physique (bio)

- L'état des tissus, l'inflammation, la réponse à une lésion

- La sédentarité, le manque d'activité physique

- L'hygiène de vie

L'état psychique (psycho)

- Le catastrophisme ("ça va s'empirer", "c'est insupportable"...)

- La peur du mouvement

- Les émotions

- L'attention

...

L'environnement (social)

- Famille, travail

- Le soutien social perçu

- L'accès aux soins

- Les expériences de vie passées

...

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C’est quoi ?

La douleur d’épaule est une plainte fréquente et handicapante : c’est la 3ème cause de consultation pour douleur musculo-squelettique, après le dos et le cou.

 

Elle peut apparaître soudainement après un choc, ou s’installer progressivement sans raison évidente.

On parle parfois de douleur « non spécifique », c'est-à-dire sans cause physique apparente, lorsque les examens ne montrent pas de lésion majeure. Cette douleur est fréquente et elle n’en est pas moins réelle.

Quels traitements sont utiles ?

🏋️🤲💊🔪 À chaque peine son traitement

 

Bonne nouvelle : la majorité des douleurs d’épaule s’améliorent avec un traitement conservateur (sans chirurgie).

Voici un aperçu des options selon les situations :

Douleur non spécifique : éducation à la douleur, exercices progressifs et ostéopathie ont montré des effets positifs dans plusieurs études. Il est souvent très bénéfique de combiner kiné et ostéopathie, pour booster les résultats !

Tendinopathie : kinésithérapie avec des exercices spécifiques pour renforcer les muscles de la coiffe, associés parfois à une infiltration en cas de douleur intense.

Neurogène : mobilisations douces, exercices de neurodynamisme pour les nerfs, et parfois traitement médical si une compression est suspectée.

Neurodynamisme, c'est quoi ? C'est simplement faire glisser les nerfs dans les tissus, pour qu'ils soient moins irrités ! Des professionnels vous indiqueront les mouvements simples à reproduire.

Post-traumatique : immobilisation temporaire en cas de lésion, puis rééducation progressive.

Post-chirurgie : programme de rééducation planifié pour éviter la raideur et renforcer progressivement l’épaule.

Capsulite : patience (ça peut durer plusieurs mois), exercices pour récupérer la mobilité, parfois infiltrations pour calmer la douleur.

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Ce qui fonctionne vraiment : bouger plus, mieux, avec moins d’appréhension.

Ce qu’on retient surtout ?

La douleur d’épaule est fréquente, souvent bénigne même si parfois tenace.

 

Les causes sont multiples et la douleur peut être influencée par le corps, l’esprit et l’environnement.

 

Heureusement, dans la majorité des cas, elle s’améliore avec des soins adaptés.

 

Bougez, informez-vous, demandez de l’aide quand il le faut. Et gardez en tête que la thérapie manuelle, les exercices et un bon accompagnement peuvent faire une vraie différence !

Sources

  1. Linsell, L., Dawson, J., Zondervan, K., Rose, P., Randall, T., Fitzpatrick, R., & Carr, A. (2006). Prevalence and incidence of adults consulting for shoulder conditions in UK primary care; patterns of diagnosis and referral. Rheumatology (Oxford, England), 45(2), 215–221. https://doi.org/10.1093/rheumatology/kei139

  2. Djade, C. D., Porgo, T. V., Zomahoun, H. T. V., Perrault-Sullivan, G., & Dionne, C. E. (2020). Incidence of shoulder pain in 40 years old and over and associated factors: A systematic review. European journal of pain (London, England), 24(1), 39–50. https://doi.org/10.1002/ejp.1482

  3. Hodgetts, C. J., Leboeuf-Yde, C., Beynon, A., & Walker, B. F. (2021). Shoulder pain prevalence by age and within occupational groups: a systematic review. Archives of physiotherapy, 11(1), 24. https://doi.org/10.1186/s40945-021-00119-w

  4. Schwerla F, Franke H, Resch KL. Osteopathic treatment of patients with shoulder pain: a pragmatic randomized controlled trial. J Bodyw Mov Ther. 2020;24(3):1–8. ////////////////////////////////

  5. Hunter, D. J., Rivett, D. A., McKiernan, S., Luton, R., & Snodgrass, S. J. (2022). Thoracic Manual Therapy Improves Pain and Disability in Individuals With Shoulder Impingement Syndrome Compared With Placebo: A Randomized Controlled Trial With 1-Year Follow-up. Archives of physical medicine and rehabilitation, 103(8), 1533–1543. https://doi.org/10.1016/j.apmr.2022.03.003

  6. Beard, D. J., Rees, J. L., Cook, J. A., Rombach, I., Cooper, C., Merritt, N., Shirkey, B. A., Donovan, J. L., Gwilym, S., Savulescu, J., Moser, J., Gray, A., Jepson, M., Tracey, I., Judge, A., Wartolowska, K., Carr, A. J., & CSAW Study Group (2018). Arthroscopic subacromial decompression for subacromial shoulder pain (CSAW): a multicentre, pragmatic, parallel group, placebo-controlled, three-group, randomised surgical trial. Lancet (London, England), 391(10118), 329–338. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(17)32457-1

  7. Hopewell, S., Keene, D. J., Marian, I. R., Dritsaki, M., Heine, P., Cureton, L., Dutton, S. J., Dakin, H., Carr, A., Hamilton, W., Hansen, Z., Jaggi, A., Littlewood, C., Barker, K. L., Gray, A., Lamb, S. E., & GRASP Trial Group (2021). Progressive exercise compared with best practice advice, with or without corticosteroid injection, for the treatment of patients with rotator cuff disorders (GRASP): a multicentre, pragmatic, 2 × 2 factorial, randomised controlled trial. Lancet (London, England), 398(10298), 416–428. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(21)00846-1

  8. Gatchel, R. J., Peng, Y. B., Peters, M. L., Fuchs, P. N., & Turk, D. C. (2007). The biopsychosocial approach to chronic pain: scientific advances and future directions. Psychological bulletin, 133(4), 581–624. https://doi.org/10.1037/0033-2909.133.4.581

  9. Paraskevopoulos, E., Plakoutsis, G., Chronopoulos, E., & Maria, P. (2023). Effectiveness of Combined Program of Manual Therapy and Exercise Vs Exercise Only in Patients With Rotator Cuff-related Shoulder Pain: A Systematic Review and Meta-analysis. Sports health, 15(5), 727–735. https://doi.org/10.1177/19417381221136104

  10. Picavet, H. S., Vlaeyen, J. W., & Schouten, J. S. (2002). Pain catastrophizing and kinesiophobia: predictors of chronic low back pain. American journal of epidemiology, 156(11), 1028–1034. https://doi.org/10.1093/aje/kwf136

Quels sont les symptômes ?

Toutes les douleurs d’épaule ne se ressemblent pas. Selon la cause, les sensations et les difficultés varient :

 

🔹 Douleur non spécifique : la plus fréquente. Elle est diffuse, augmente à certains mouvements, parfois la nuit, mais reste difficile à décrire. On peut avoir l’impression de raideur, sans véritable blocage mécanique.

 

🔹 Tendinopathie (dit tendinite ou syndrome de la coiffe des rotateurs) : douleur bien localisée sur la face externe ou antérieure de l’épaule, accentuée quand on lève le bras ou porte un objet. Parfois accompagnée d’une faiblesse musculaire.

 

🔹 Douleur neurogène (nerf irrité, neuropathie) : possible sensation de trajet électrique, brûlure, picotements, engourdissements, avec parfois perte de sensibilité et perte de force, qui peuvent descendre dans le bras ou dans la main.

 

Parfois, le nerf est simplement irrité pour toutes sortes de raison (sédentarité, position prolongée...), et il glisse moins bien dans les tissus, ce qui lui fait envoyer un message douloureux.

Il peut aussi y avoir une compression, par une hernie discale par exemple (qui très souvent se résorbe d'elle-même !)

S'il y a une présence de perte de force et/ou grande perte de sensibilité, il est important de consulter son médecin.

 

🔹 Post-traumatique (après une chute ou un choc) : douleur vive, souvent associée à une perte immédiate de mobilité ; dans ce cas, un médecin doit vérifier qu’il n’y a pas de fracture ou luxation.

 

🔹 Post-chirurgie : douleur attendue pendant quelques semaines après une opération ; elle peut devenir chronique si la rééducation est incomplète ou si la cicatrisation est difficile.

 

🔹 Capsulite rétractile (épaule gelée) : quasi-impossibilité de bouger l'épaule, avec douleur modérée au début qui devient très invalidante surtout pour tourner ou lever le bras.

Qui aller voir ?

Pas de panique : un médecin généraliste peut déjà évaluer la situation. Il orientera si besoin vers un kinésithérapeute, un ostéopathe, un rhumatologue.

Le médecin pour établir un suivi et prescrire si nécessaire,

Un kiné pour mettre en place des exercices, bouger, renforcer

Un ostéopathe pour détendre et mobiliser,

 

Un médecin de la douleur ou un rhumatologue, si le problème dure depuis plusieurs mois malgré les soins.

Dans certains cas (chute, perte de force soudaine, déformation), une radio ou une échographie est indiquée pour écarter des lésions graves.

A la maison, que faire ?

Si votre douleur est non spécifique, voici quelques conseils :

🤸 Bougez ! Évitez d’immobiliser l’épaule trop longtemps, même si ça tire un peu.

🧊 Glace ou chaleur ? Les deux peuvent soulager : testez et voyez ce qui vous fait du bien.

🛌 Adaptez vos positions pour dormir : évitez de vous allonger sur l’épaule douloureuse.

💻 Aménagez votre poste de travail pour limiter les gestes répétitifs et les douleurs.

🧘 Détendez-vous : le stress augmente la perception de la douleur, donc prenez soin aussi de votre mental, sortez, entourez-vous de vos proches.

Et surtout, gardez confiance ! La plupart des douleurs d’épaule se résorbent en quelques semaines à quelques mois avec des soins appropriés.

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